18 Novembre 2016

Femmes autochtones - Plus que jamais, une enquête québécoise indépendante est nécessaire

Québec, le 18 novembre 2016 –  En réaction à la décision du Directeur des poursuites criminelles et pénales concernant des allégations d’abus sexuels commis contre des femmes autochtones, le porte parole du Parti Québécois en matière d’affaires autochtones, Alexandre Cloutier, la porte parole en matière de condition féminine, Mireille Jean, et le porte parole en matière de sécurité publique, Pascal Bérubé, demandent de nouveau la tenue d’une enquête québécoise indépendante sur les relations entre les femmes autochtones et les corps policiers.

Les femmes autochtones se disent amèrement déçues et abandonnées; Alexandre Cloutier estime qu’il est essentiel de rétablir le lien de confiance, actuellement brisé. « Le rapport déposé hier par Me Fannie Lafontaine est clair. On y lit qu’"en situation de crise, une enquête criminelle est nécessaire, mais elle est insuffisante". Il faut donc absolument que soit déclenchée une enquête élargie sur les relations entre les nations autochtones et les forces policières. Nous la réclamons depuis des mois. Le gouvernement libéral ne peut pas abdiquer sa responsabilité; il a le devoir d’aller au fond des choses. Il ne peut pas utiliser le prétexte que le fédéral tient sa propre commission d’enquête, car elle n’a pas le même objectif », a t il déclaré.

« Le rapport Lafontaine précise également que le besoin de protection et d’accompagnement des victimes est pressant. Or, depuis un an, le gouvernement n’a mis aucune mesure d’urgence en avant pour soutenir ces victimes. Pourquoi, lors du dévoilement de la stratégie sur les violences sexuelles, la ministre responsable de la Condition féminine n’a t elle rien proposé concernant le soutien aux femmes autochtones? », a ajouté Mireille Jean.

Le Parti Québécois est également insatisfait du processus d’enquête. « La police a enquêté sur la police. Nous avons pourtant réclamé à de nombreuses reprises que le gouvernement mandate le Bureau des enquêtes indépendantes afin qu’il mène l’enquête. Malheureusement, le gouvernement libéral a refusé de donner suite à notre demande. Le résultat, c’est que les femmes autochtones n’ont plus confiance dans le système de justice. C’est grave! », estime pour sa part Pascal Bérubé.

« Alors que nous étions au gouvernement, nous avions entrepris une vaste consultation en vue d’élaborer un plan d’action gouvernemental pour contrer le racisme et la discrimination envers les Autochtones. Le gouvernement libéral n’a pas donné de suite à cette initiative. À la lumière des récents évènements, ce plan d’action est d’autant plus nécessaire, et son application est urgente », a conclu Alexandre Cloutier.